Parce que !

Retomber en enfance

Si on retombait en enfance... juste pour voir ?
Ça fait mal ?
Non, c'est un peu étriqué mais on y est bien...

Aujourd'hui, vous qui me suivez, je vous invite à prendre un chemin à rebours, à rejoindre votre passé avec Poèmes pour enfants seuls d'Étienne Paulin.

Ce poète contemporain explore notre imaginaire avec un sens aigu de la vision. Pourtant il nous offre ses révélations avec une simplicité et modestie déconcertantes.

"cela je ne saurai jamais le cerner"

On disait que parfois il faut retomber en enfance, on disait que rêver se fait avec des mots faciles, que l'univers enfantin est là pour nous reconnecter avec nos racines, qu'il suffit de lire Étienne Paulin dans sa jolie promenade au pays des choses simples, d'écouter avant le coucher ces comptines pour enfants seuls, pour que l'avenir soit plus lumineux.
On disait...

Cependant, ne nous y trompons pas, il y a bien de la complexité et beaucoup de vérité là-dedans.
Beaucoup de vérité comment ? Comme dans les contes?
Oh, bien plus!
Beaucoup de vécu?
Oui, autant que celui des enfants: eux seuls sont encore capables de vivre plusieurs vies!

Épurer les mots, extirper les idées reçues, nettoyer surtout, ne conserver que l'essentiel, simplifier la grammaire, les liaisons, se passer des qualificatifs assoupis et dédouaner l'absurde… Voilà la recette!

"Un poème en losange
aux vers de porcelaine
aux joues de cantilène éteinte
"

Beaucoup de travail? Oh oui! Comme la simplicité l'exige. Des sacrifices, comme la beauté perdue des mots le requiert. Fendre la terre aride, creuser la tourbe solide du langage pour lui rendre sa lueur!

"je ne connais pas de mot inconnu
même sulnoulka quand je l'ai entendu
il m'était familier
je crois que dans mes premiers jours quelqu'un l'a prononcé
j'en suis à peu près sûr
sulnoulka
je prononce ce mot
quand je rencontre un nouveau-né
on ne sait jamais
"

Voyez quelle magie réside dans cette poésie ! Une magie blanche, radieuse même. Paulin nous emmène avec lui dans cette passion, cet amour des mots, surtout ceux qui n'existent pas encore mais qu'il faut absolument inventer - peu importe le sens qu'on leur donnera.

Et que les lecteurs de Paulin me pardonnent enfin cette critique qui surtout n'oserait critiquer quoi que ce soit dans ce très noble recueil d'une maturité insoupçonnée.

Picasso dirait qu'il a mis toute sa vie à savoir dessiner comme un enfant. Que dire de ces poètes qui, jeunes encore, ont la maturité pour parler comme chantent les oiseaux, pour écrire comme babillent les enfants?

Tout lecteur est un poète qui comprendra.

Moi j'en suis là à rechercher un rayon d'humilité dans mes vers au phrasé par trop ambigu :-(


Paul Klee : la machine à gazouiller Paul Klee : La machine à gazouiller, (1922), MoMA (New York) - Image libre de droit.


Thierry Noiret 2026-10-23
Cette modeste chronique n'engage absolument que moi.

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#contemporain #enfance #paulin #poesie